Une passante
Un azur patibulaire couvre son
veuvage, le henné tentaculaire de sa chevelure amadoue les orgasmes de la
nuit… elle tisse des lampadaires avec ses rubans d’encens, elle passe
toujours devant moi, même sans moi elle passe. Elle ne fait que passer
quand les chemins de fer s’aigrissent sous ses talents de poupée
chaplinesque…
Elle donne aux mirages Une
forme, un prénom, une raison pour la véracité… elle s’adosse sur son jaune
lacustre… étire son musc raffiné et haché sous le regard fugitif de ma
cadence sacrée…
Parfois elle danse sur mes îles
chimériques, escorte mes falaises vertes. Avec son rire malicieux,
soupçonneux… houleux qui se désaltère le long de ses bas colorés de blé
brûlé cicatrisant les rides de ma chevauche …
Limpide, fine, armée de son
éther morbide au goût de légendes elle défile sur les graffitis de mes
tornades…
Assoupie par le vacarme de sa
jouissance… elle dégage de ses cils une fureur étrange qui babine mes
tambours et geint les figures de ma poussière…
Je la dévisage, je la broie, je
la déshabille de sa fourrure lacunaire… je me saoule avec sa cupidité
enfantine pour provigner mon futur voyage…
Je hurle de frémissement, je
voltige d’épanouissement et j’exhume l’odyssée de mes remords pour peindre
mon tort de l’avoir croisée…
Quelques fois en me voyant
feindre toute ma stupidité. elle exulte ses seins pointus comme deux tours
de lumière spiritueuses et juteuses…
Elle laisse les pinceaux de
hollande vêtir les vitrines des églises délaissées les dimanches
d’hiver !!!
Elle arrose les gorges du
Gange !! Elle déplace, reproduit le ciel dans ses yeux qui s’offrent comme
une offrande a tous les dieux… et ressuscite Nue, mue, jalonnée sous la
tamise du couchant… voguant sur mon ventre de tourmenté, feutrée a la
barbe du temps si jaloux.
Elle s’en va sur son corps
volant… piétinant tous mes rêves d’après et d’avant
La haut... Elle erre dans des
paradis aveuglants, dérange, provoque. Savoure des Chopins vexants… et
succombe à ma tentation…
Et moi appuyé sur les béquilles
du néant, je papote sur mes genoux, Riotant mon verbe absolu, cachottant
mes desseins bruyants, Vibrant sous les wagons de carton qui jonchent sur
cet horizon où elle va souvent…
Je la vois de loin capitulant
son passage ,défigurant toutes les saisons… elle ronronne sur mes flaques
de sang ,se rue sur les isthmes de mon calvaire, remue sa maladresse de
déesse épuisée de passer, elle se donne a moi sans dévouement, sans
engouement… puis passe comme une vie filante… Comme une ombre flottante …
comme une passante…