Un mari pour l’hiver
Un mari pour
l’hiver,
Voilà ce qu’il
me faut,
Un mari pour
l’hiver
Et alors
j’aurai chaud.
Finies les
longues nuits bien recroquevillée
Dans ma tenue
de nuit, la tête sous l’oreiller,
Fini l’affreux
souci d’avoir les pieds gelés,
Les deux mains
engourdies, le corps frigorifié.
Se glisser tous
les soirs dans un lit bien chauffé,
A chaque
instant pouvoir passer ses pieds glacés
Sur le dos
large et chaud d’un mari qui rouspète,
Ces bienfaits
conjugaux gravitent dans ma tête.
Comme on ne
prend jamais de décision si grave
Sans penser aux
méfaits, à toutes les entraves
Et à tous les
ennuis, je propose ce vote :
La chaleur d’un
mari ou celle d’une bouillotte.
Une bouillotte
c’est fidèle, ça tient très peu de place,
Un mari c’est
rebelle, ça a bien trop d’audace.
Si j’ai chaud
dans la nuit, ma bouillotte je l’enlève,
Mais si c’est
un mari, pas question qu’il se lève.
Quand je rentre
le soir, j’ouvre le robinet,
Ma bouillotte,
l’entonnoir, aussitôt tout est prêt.
Un mari ça
défaille, faut être aux petits soins,
Ça donne trop
de travail pour que ça chauffe bien.
Une bouillotte
pour l’hiver,
Voilà ce qu’il
me faut.
Une bouillotte
pour l’hiver,
Même si ça
tient moins chaud.