Un jour sans fin
Je traîne ma peau
Comme un vieux sac
J'erre seule
De place en place.
J'ai mal à l'âme
J'ai mal aux os
Même le soleil m'agace.
Les idées sombres se bousculent
Et me poussent vers le néant
On peut mourir de mal vivre
Les jours où le bonheur recule.
J'ai l'impression de survivre
A un cataclysme géant.
Je porte ma paresse
Comme un boulet immonde
Je vais éclater de détresse
Comme cet orage qui gronde.
J'en appelle à mon imagination
Et je trouve une terre stérile
Je voudrais gagner l'horizon
Mais le chemin est difficile.
Je me fuis, je me hais
Rien ne m'apaise
Même pas ton sourire.
Je rêve de m'endormir
Au fond d'un lit secret
De me perdre dans les méandres
D'un fleuve d'où je sors avec gloire.
Je rêve de m'endormir
J'enrage, j'ai peine à croire
Que la paix puisse venir étendre
Sans attendre, ses vagues
Sur ma grève déserte.
Lorsque tombe le soir
Qui laisse entrevoir
Les tréfonds du cosmos
Je meurs enfin
D'une sereine mort
Dont je renaîtrais demain encore Avec
l'innocence d'un gosse.