Un jour de ma vie !
C’était un jour comme tous les
jour, Sans soleil, sans amour, je promenais mon âme escarpée sous les
monts ensablés des restes de l’aurore, des mouettes ridicules valsaient au
boulevard du recul, des nomades rangeaient les cendres du crépuscule
jaunissant dans leurs valises empestées, des enfants jonglaient avec des
nuages et s’amusaient à perforer les lois de ce béton qui a tellement
raison !
Sous le crachin du granite, Des
bouches rassemblées cherchaient vainement un dernier repas pour un dernier
Juda, des hommes déguisés en hommes crachaient des grêlons sur les
cicatrices d’un palmier étranger ! et des femmes portant les robes du
voyage déterraient le cadavre anonyme d’un poème sans titre et sans rimes.
Dans ce troublant paysage qui me
révélait à moi même ! je m’asseyais sur un banc qui voulait déguerpir, je
me ratatinais à ces nattes de marbre en beuglant mes outrages à tous les
dieux .je me rétrécissais comme une flamme
Embryonnaire, je me cramponnais
aux syllabes du hasard, aux aquarelles des pluies de passage pour
crayonner sur mon cahier terne le profil pale du jour !
Avec mon regard de défunt je
contemplais ces passant, ces morts bien vivants…
Navrants, mesquins, crispés et
salés comme ce souffle qui venait mourir sur mes lèvres bleutées sans
doute celui de la vie la vieille vie… !
Derrière mon cœur hanté
J’écoutais gargouiller mes os !quand je voulais retenir mon corps Qui
divaguait, qui griffonnait dans l’exiguïté du faubourg.
Mes pieds trempés de laideur
guettaient les quelques graines d’amour oubliées sur les fenêtres froides
du jour !!
Mes pas ruminaient leurs
plumages infectés,
Mes oreilles suçaient l’essence
de ce paraître qui teintait le silence chahuteur de ces heures
aguicheuses !
Mes narines
frissonnaient l’extase de ce panorama gitan ! coloré par mille oiseaux nus
sur leurs ailes de poussière, assourdis par les chants de leurs misères,
mille prophètes peignant des voies menottées par leurs prières, mille
poètes puisant leurs vers dans le sang de l’hiver, mille marins délavant
leurs univers dans leurs vagues larguées à la mer
Et moi et moi dévêtu, hypnotiser
par cette macabre caricature, la langue engourdie, le squelette froissé,
ivre de sueur, de toutes ces guerres qui se dévoraient dans ma tête…
Je consolais ma douleur,
Exorcisé par une étrange sensation d’être toujours au dessus des choses,
J’escaladais les échelles de ce ciel qui s’évanouissait sur mes murs
désunis !
Pour rejoindre ma nuit et
recommencer cette mort si jolie,
Ce jour de ma vie…