Trompe de vie
Derrière mes paupières tamisées l’insensé
mutile mes lèvres inutiles, serpente comme une brume d’ambre qui se
prolonge qui se dilate sur la plaine de l’infini pour défiler tel un
mouchoir agité survolant les oliviers de mes ports déportés, noyé de
magie, puant de nostalgie comme une colombe infernale il édifie ma cage,
arpente le silence protecteur pour s’ensevelir dans l’agate des nuages
migrateurs
Puis moi. Enfin moi…
J’esquive l’enveloppe de mon corps, j’imite le
sommeil des morts, j’insère les bribes de ma caricature dans le portrait
de mes ratures, je prends mon coeur en otage, je libère mes mirages et
dans la fugueuse soirée du blues originel, je transcende ma candeur
animale hanté par la névrose de croire.
Je radie les dos des miroirs pour signer l’
épitaphe de ma gloire. Stressé. Pressé d’en finir avec cette vie qui me
dit et redit. tu t’es trompé de vie. Tu t’es trompé de vie… !