COMME SI C'ÉTAIT VRAI
Arrachée aux brûlures de l'hiver
une phrase vient s'abriter
dans les brouillards du coeur
sans déranger
elle organise des tristesses
dans le jardin des autres
vous promet des prétextes beaux
comme le soir
vous écorche les soucis
vous rappelle que les rues sont
endiablées
quand on s'aventure dans le
présent
vous conseille de ne pas signer
votre nom
au bas des feuilles mortes
vous enjoint de défaire vos
valises
et de ranger vos passions dans
les tiroirs
de passer par les ruelles pour
décorer la misère
de prendre tous les soirs une
douche de félicité
avant d'envahir le désir à froid
d'éviter les morsures de
serpents
lors de votre délire amoureux
d'utiliser votre nez et vos
oreilles
pour détecter l'intelligence
vous recommande de réciter
n'importe quoi
pourvu que ça dure
Extrait de «
Rouge mémoire »
http://www.espacepoetique.com/Lecture/rougemem.html