«Une femme cesse-t-elle
de chérir le fils de ses entrailles ? Même s’il s’en trouvait une pour
l’oublier, moi je ne t’oublierai jamais.
Isaïe 49—15
NEWMAN exprime une de
ses observations en or dans une référence implicite à la théorie de A.
COMTE «a heartless theory», à savoir qu’une certaine vérité est contenue
dans cette assertion, mais qu’elle omet une chose:
«Instead of
passing from one stage of life to another, she has carried her youth and
middle age along with her, on to her latest time. She bas not changed
possessions, but accumulated them, and has brought out of her treasure
house, according to the occasion, things new and old.
(H. S. II. 367)
D’une manière toujours
implicite, NEWMAN se réfère à un poète anglais, Thomas GRAY, qui écrivait,
bien avant A. COMTE:
«Hope at
the prow, and fancy at the helm.»
(The Bard 1755— 1757)
Nous avons bien besoin
de réaliser cela, surtout lorsque nous y associons la remarque de NEWMAN
(1839) citée par P. MURRAY: (La vie commune pour l’oratorien NEWMAN,
Collectanea Cisterciensia —
Tome 42
—
1980— 3.
—
PPS V. p. 315—316)
« …
Lui seul qui a fait le
coeur peut lui suffire.»
Il est important de
comprendre ceci à l’examen de ce recueil «Regina Caeli» qui est,
incontestablement, une oeuvre d’art.
27 poèmes dédiés à Marie
forment les chaînons d’une authentique litanie. Une litanie est toujours
poésie!
«
With Christians, a poetical view of things is a duty,
—
we are bid
to colour all
things with
hues of faith, to see a Divine meaning in every event, and a
super-human
tendency. Even our friends around are invested with unearthly
brightness
—
no longer
imperfect men, but beings taken into Divine favour,
stamped
with His seal, and in training for future happiness.»
(E.
C. H. I. 23)
Il est merveilleux de
pouvoir appliquer ces paroles, intégralement, au recueil que nous
présentons ici.
Nous pouvons nous
identifier à l’un ou l’autre des enfants de Beauraing et chanter avec lui
la litanie qu’il adresse à Marie.
Mais nous pouvons aller
plus loin en considérant ces poèmes comme l’hommage que Marie elle-même
voulait rendre à Celui qui l’avait comblée de grâce.
Il nous faut réaliser
que Marie ne perd rien du patrimoine précieux qu’elle porte en elle et
qu’elle tire de sa dot des choses anciennes et des choses nouvelles.
Il nous devient possible
de nous revêtir de l’éternelle jeunesse de Marie que nous admirons
«Immaculée
comme au jour
où tu es sortie
des mains de ton Créateur, sans tache
comme au jour
où Il a modelé ton visage, parole divine
coulée dans le
silence de l’extase…»
Oui, par et en elle,
nous vivons une jeunesse victorieuse du temps et souhaitons ardemment
«…que
soit béni,
pour qu’il se
perpétue,
l’instant de
bonheur
où, sans te
connaître,
je t’ai
reconnue.»
A l’annonce de l’ange,
parce qu’elle se savait aimée, le «oui» de Marie a été total, sans
réticences:
«…
je ne sais rien,
je ne sais que
l’amour de celui
qui m’a faite
ce que je suis.»
En elle, Femme
éternelle, nous pouvons vivre avec confiance chaque phase de notre vie,
car elle nous montre
« … comment bénir
l’automne
après avoir vécu
le printemps,
comment trouver la
joie
dans le
renoncement.
»
D’avoir participé si
étroitement à la mission de son Fils, Marie nous convainc de ce que
« … seule la
croix nous sauve
et nous libère
depuis le jour
où elle est
devenue amour.
»
Marie nous offre le
trésor de grâce qu’elle porte en elle, pour que nous y puisions force et
confiance, ce à quoi Thérèse de vos nous invite en beauté.
Regina Caeli… nous te
saluons, Reine des cieux et notre Reine, nous te chantons au rythme de ces
pages que tu as lumineusement inspirées.
Prof. Dr. a. j. Boekraad
M. H. M.
Grand-Séminaire de
Rolduc
—
Pays-Bas
en la fête de Saint
Joseph
—
19mars 1984