Nostalgie
Pour ce vide qui frappe
Aux portes du néant
Pour ce vide qui descelle
Les pavés de l'angoisse
Se pique à la folie
D'un bonheur malin
Avant de vaciller
Tout en bas de l'écran
Pour ce vide qui boit
Au puits de la fièvre
Pour ce vide qui attend
Au tournant du tourment
Pour alpaguer la mort
Sans oser demander
A quel prix elle se vend
Pour ce vide qui voile
Le soleil du printemps
Et jette la lumière
Si loin qu'elle se casse
Pour ce vide errant
Qui gonfle et s'arqueboute
Pour accoucher debout
D'un renouveau mort-né
Pour ce vide qui remplit
Le ventre du néant
Et nourrit goutte à goutte
Le monde de l'absence
Pour ce vide qu'on inscrit
Sur l'almanach des songes
Pour ce vide qu'on implore
Quand le coeur est à sang
On se couche un soir
Avec l'ombre du doute
On se couche avec l'idée
D'aller se pendre au bout de la nuit.