Nocturne
Le galop d'un cheval
Vint marteler la nuit
Et la brise cessa
De s'en prendre aux ajoncs
Pour tendre l'oreille
Un ver luisant en profita
Pour s'éclipser
Et s'en alla cahin-caha
Jouer les sémaphores
De l'autre côté de l'étang
Le vieux saule pleureur
En avait fini
De se poudrer les feuilles
D'un ocre d'automne
Qui sentait le soufre
La nuit referma sa porte
Au nez du cheval égaré
Il reprit le trot
Tandis que les ajoncs givrés
Rappelaient le vent pour frémir
Un oeil luminescent
Perça la voûte sombre :
La lune venait de prendre
Son tout premier quartier.