C'est ici qu'ont vécu, au rythme des
saisons,
Mes parents et amis, désormais disparus,
Mais ayant partagé tous les dangers courus,
Avant de s'en aller vers d'autres horizons.
J'y revois, le cœur gros, chaque fois
ces maisons,
Flanquées de volets clos en remontant les rues
Que fier adolescent j'ai souvent parcourues,
En cela motivé... par de tendres raisons.
Dans ces tristes logis, marqués de
taches sombres,
Plus jamais ne viendront s'y promener les ombres
De tous ceux qu'en ces lieux, je pleure maintenant.
Leur éternelle nuit verra-t-elle une
trêve,
Les modestes instants d'un songe fascinant,
Où, tirés du néant... ils vivraient dans mon rêve?
Marcel RAVAT