Les soirs où les canons…
C'était les soirs où les canons tonnaient
Sur la stupidité des nations
Contre leur gré, sans leur opinion
Que les hommes trahis marchaient, couraient
C'était les soirs où les canons crachaient
Des tonnes de crachats du mortel fer
En plein cœur des pèlerins de l'enfer
Qui sans dire amen ou merde crevaient
C'était les soirs où les canons visaient
Le triste ramassis d'âmes d'autrui ;
Les mous les impuissants, fils éconduits
Le plein mille aux vendus qui chialaient
C'était les soirs où les canons semaient
Le grain dans un fumier stérilisant
En labourant le sol de trous béants
Gorgés du sang d'hommes qui se vidaient
C'était les soirs où les canons fauchaient
Les pauvres ignorants des champs d'honneur
Gerbe d'épis glanés par des voleurs
Des assassins qui se les disputaient
C'était les soirs où les canons creusaient
Les lits ouverts devant 1'éternité
Les longs sillons de l'inhumanité
Que le meilleur et le pire abreuvaient
C'était les soirs où les canons scellaient
La victoire et l'échec la paix et le deuil
Que les frais de la guerre et les cercueils
Les pauvres gens les innocents payaient
Pendant les soirs où les canons rouillaient
Au vent de 1'espérance et du regret
Pourrirent en silence et sans arrêt
Les Croix Blanches
pour ceux qui oubliaient