Les
oreilles et la queue pour Manolette
Illustre matador qui est tombé sur
l’arène
En mêlant ta douleur à celle du
taureau
Pourquoi t’es-tu donné une si grande
peine
Pour bien prouver à tous que ton
coeur était beau
La cause de ta mort non ce n’est pas
la bête
Car elle elle est loyale et charge
par devant
Ce sont ces imbéciles qui vont de
fête en fête
Et qui ne vivent que pour le lucre et
l’argent !...
Tu es mort à trente ans au faîte de
ta gloire
Car tu étais trop seul dans un monde
méchant
Pourquoi n’as-tu pas su adoucir ton
histoire
Pour pouvoir la conter à tes
petits-enfants
Mais ce n’est pas facile quand la
passion nous ronge
De dicter des raisons au coeur qui
n’en veut pas
La loyauté refuse compromis ou
mensonge
Mais elle est trop souvent un
déchirant combat
O Manolette ami mon parent et mon
frère
Je suis bien de ta race malgré ma
pauvreté
Sur la terre des hommes, la plus
grande misère
C’est de faire si peu pour la
sincérité.
O toi toréador à l’habit de lumière
Torrées-tu donc toujours dans les
plaines infinies
As-tu trouvé au ciel un repos
salutaire
Et as-tu rencontré le meilleur des
amis ?