LES HOMMES ET LE VERBE
Ils étaient égarés, par un
vocabulaire
Véhiculant les mots au rythme de
chacun,
Prisonniers ambigus de leur
propre glossaire,
Sourds aux autres propos, n’en
écoutant aucun.
Seule en première ligne argue
l’intelligence.
Cette construction dont chaque
homme est si fier,
Cherche à tout démontrer,
inlassable elle avance
Une suite sans fin, à ses propos
d’hier.
Mille exégèses qui donnent trop
d’importance
Au savoir circonscrit aux faits
de chaque jour,
Quand retrouver son âme enrichit
l’existence,
Bien au-delà des mots pour
apporter l’amour.
Il n’est pas suffisant de s’en
tenir au verbe
Pour être heureux ensemble,
apaiser l’anxieux,
Il faut aller en soi chercher
l’immense gerbe
Aux fleurs venues du ciel qui
nous ouvrent les yeux.