Les enfants soldats
Petits pieds nus dans la boue et le sang
Petits corps maigres à peine vêtus
Ils ne rient, ne pleurent, ne savent plus
Si ce jeu est à eux ou bien aux grands.
Blanche innocence assassinée
Rires cristallins bâillonnés
Les ballons sont des grenades
Et il n'y a plus de camarades
Avec qui on s'en va jouer.
Enfance volée aux enfants soldats
Petites mains sur la kalachnikov
Leur regard est lointain et vide, sauf
Lorsqu'on les embrasse, tout contre soi.
Ils ont vu et senti la mort
Avec son corps éventré
Avec sa tripaille au vent
Ils ont vu et senti souvent
Non tuer n'est pas jouer.
Enfance volée aux enfants soldats
Enrôlés, condamnés comme des grands
Ils font la guerre et ne savent pas.
Ils s'endorment le soir en étreignant
Leur fusil dans leurs petits bras maigres
Le marchand de sable ne passe pas
Les enfants soldats ne sont pas espiègles.