Dieu posa son
chevalet;
Il allait
peindre la terre.
Avec amour,
Il choisit ses
couleurs;
Le ciel y
était bleu,
Les blés en
vagues blondes
Piqués de
coquelicots.
Les arbres
reflétaient leurs cimes dans un ruisseau.
A leurs pieds
se prélassait un champ
Parsemé de
fleurs d’or.
Pour la nuit,
Il sema des
étoiles et dessina la lune,
Et pour le
jour
Accrocha, tout
en haut de la toile,
Le soleil.
Puis, il plaça
l’homme
Au centre,
Et s’en alla
heureux,
Oubliant ses
pinceaux.
Alors, l’homme
s’en empara;
Il ajouta
Le rouge de la
colère
Aux reflets
verts de peur;
Un bleu
pétrole
Sous des
nuages lourds,
Et pour en
terminer,
Il saupoudra
le tableau
De taches de
sang serties d’argent sale.
Depuis,
Nul ne revit
le Maître.