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Grand concours 2008 de poésie francophone
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Conseils en prosodie, le sonnet, vers, versification, poème, poésie, poète, règle poésie classique
Le sonnet
Le sonnet est le Roi de la poésie classique et il a ses serviteurs fervents, malgré tout ce qu’il exige. Sous Louis XIV il était l’objet d’un véritable engouement, ce qui explique la haute estime dans laquelle le tenait Boileau. Ne disait-il pas : « Un sonnet sans défaut vaut seul un long poème » ? En effet, ce genre de poème ne se compose que de 14 vers, mais alors, que de soins à y apporter ! Ceux qui parviennent à la perfection sont appelés « sonnettistes » . Dans le passé on cite José Maria de Heredia comme étant l’un des meilleurs. Victor Hugo n’en a composé que trois. Les règles actuelles sont les suivantes : les 14 vers doivent être en alexandrins, sinon ce n’est plus un sonnet mais un « sonnetin ». Les sentiments ou les descriptions qu’il exprime doivent être d’une bonne tenue. Le sonnet comprend deux quatrains qui sont de semblable construction, c’est-à-dire de mêmes rimes et pareillement enfermées. Viennent ensuite deux « tercets » (trois vers). Les deux premiers vers du premier tercet riment ensemble, le troisième vers rime avec le second vers du second tercet. Le premier vers du deuxième tercet rime avec le vers final, ce qui donne : ABBA-ABBA-CCD-EDE. L’idée essentielle doit s’exprimer dans le dernier vers qu’on appelle la « chute » ou la « médaille » qui demande donc une pensée ingénieuse ou un trait brillant qui frappe l’esprit. Pour plus de compréhension, visualisons un sonnet qui n’a pas de fautes de prosodie mais sans doute pas toutes les perfections. C’est ce que nous allons voir ! Le souvenir de toi
Le souvenir de toi dans ma tête bourdonne Tel un insecte fou venant me tracasser, Je voudrais d’un seul geste à jamais le chasser… Pour cela faudrait-il qu’enfin je te pardonne ?
Il est dur d’être un jour celle qu’on abandonne – Cœur ardent et fragile à ne pas fracasser ! – Etais-je possessive ? Oui… j’ai dû te lasser A toujours exiger tout autant que je donne !
S’écroulèrent ainsi nos projets d’avenir, Disparu le pasteur qui devait nous bénir Puisque l’on a détruit l’adorable chapelle !
Et seule a survécu cette vieille rancœur, Blessure qui m’assaille et que je te rappelle, Moi qui te vois vieillir, ni vaincu, ni vainqueur !
L’ordre des rimes est respecté, les élisions et les césures appliquées, les hiatus évités… et pourtant une grosse faute est là : c’est une exigence particulière du sonnet que de ne pas utiliser deux mots semblables ou de même famille. Or, au dernier vers, il y a « vaincu » et « vainqueur ». L’auteur aurait pu écrire « ni perdant, ni vainqueur », mais il a préféré cette double sonorité qu’il trouve plus jolie, et plus agréable à l’oreille. C’est son droit puisque cela ne touche pas à l’harmonie ! La Muse appliquée |
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Dernière modification :
12 juin 2008
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