La rose travestie
Momifiée, cloîtrée dans sa robe de poussière
elle jette son manteau vitré de rivières, son chapeau revêtu de
lampadaires, clairsemée, éparpillée dans l’arène des décombres elle
ramasse les cendres de son ombre brodée de cristal, elle jette son écharpe
volée a ma mère, ses bagues saignantes de prières et dans les nerfs de sa
lumière elle injecte un jeune hiver pour être plus claire… Plus claire que
ce ciel sans vocabulaire….
C’est une rose fourbue, tendue, suspendue a la
nuque de ma destinée, qui concasse ma vue, chrome sa chaire dans l’opaque
déchirure de ma rue et de ces mystiques baisers elle salit mon corps. Ce
corps qui respire encor la sainteté d’une mort qui dort…
Le cactus de sa brûlure gazouille dans mes
vases fendus comme des lacs où il na jamais plu. et chevrote dans le
jardin de ma nuit comme une euthanasie de la vie, une maturité de la
folie, un orgasme de la poésie, un destin inédit d’une rose travestie…