Je ne t'entends
plus, Amour
Et ce silence me glace
Se peut-il que tu sois mort ce jour ?
Qui de ton coeur a
mon coeur arraché ?
Ton visage est si pâle
Si lisse, si reposé.
Hier, dans le lin
froissé
Nous nous repaissions de caresses
Habitons-nous déjà le passé ?
Tu ne connaîtras plus l'ivresse
Du vin et de la Marie-jeanne
Voici pleurant, la tristesse.
Qui de ta bouche a
ma bouche arraché ?
Sur tes lèvres inertes
Vient échouer un baiser.
Mes larmes sur tes
yeux clos
Ma détresse, immense peine
A englouti mes mots.
Ainsi, tu es mort
ce jour
Du moins l'ai-je imaginé
Pendant un temps très court.
Tenaces pensées
morbides
Qui traversent de part en part
L'esprit devenu livide.
Envahissante peine
C'est avec le regard hagard
Que je te dis "je t'aime".
Voilà que je
reviens à toi
Aux choses familières
De notre vie à toi et moi.
Enfin, rien n'est
plus pareil
Et j'en appelle à la raison
Je m'invite dans ton sommeil
Et tu ris de cette intrusion.