La mère, l’enfant, la guerre
Bébé est arrivé ! Sa maman, sans
attendre,
Prend en mains l’œuvre d’art,
seule, en catimini.
C’est de tous, le mieux fait, le
plus beau, le plus tendre.
Ainsi croit la maman qui veille à
l’infini,
Le regardant sans cesse, au réveil
elle aspire.
Douce avec l’oisillon, l’installe
au creux du nid .
Vigilante, avant tout, s’assure
qu’il respire.
Son tout premier souci, c’est son
petit enfant
Qu’elle va dorloter et protéger du
pire.
Le parcours du gamin sera
ébouriffant.
L’école le conduit au son clair
de la cloche,
Il devient lycéen…Il en sort
triomphant !
Le voilà maintenant avec la barbe
floche…
Il peut décider, seul, choisir son
devenir.
L’université s’ouvre et le temps
s’effiloche.
On murmure que peut, la guerre
survenir…
C’est vrai que des soldats
embarqués vont se battre,
Leur cercueil en bagage…On prévoit
l’avenir …
La planète est en feu, le garçon
va combattre.
Il part en uniforme et rejoint le
vieux fort ;
Et la mère en sanglots n’en peut
jamais débattre !
Elle tremble pour lui. Son petit
est grand, fort !
C’est un être achevé dont elle est
orgueilleuse.
Mais ce monde sanglant l’emporte
sans effort…
Préparons les linceuls. Un tir de
mitrailleuse
A crépité ce soir et tue avec
fureur.
Les cercueils sont remplis par la
mort gaspilleuse !
Mères en voiles noirs… Spectacle
de terreur…
Le clairon a sonné sur le champ du
silence
Où sont tombés leurs fils… La
guerre est une horreur !
Peut-on prendre la vie avec tant
d’insolence ?