La maladie
Elle est
arrivée doucement,
Sans
prévenir, sournoisement,
Elle a
détruit complètement
Ma Maman.
Rien ne
pouvait faire penser
Qu’avec ses
pertes de mémoire,
Les bêtises
qu’elle faisait
La
rapprochaient d’un grand trou noir.
Elle oubliait
beaucoup de choses
Et devenait
très étourdie,
Très souvent
elle était morose,
Sa raison
semblait endormie.
Elle s’est
installée lentement,
Sans
prévenir, sournoisement,
Elle a
détruit complètement
Ma Maman.
Elle a vite
oublié son âge
Et le prénom
de ses enfants ;
Dans sa
tête, un remue-ménage
Dérangeait
son entendement.
Elle est
retombée en enfance
Et réclamait
ses chers parents,
Sa détresse
devenait immense
Et ses propos
incohérents.
Puis elle a
joué à la poupée,
Elle la
berçait tout doucement
Et chantait
une mélopée
Avec ses
gestes de Maman.
Elle a
progressé patiemment,
Sans le
moindre ménagement,
Elle a
détruit complètement
Ma Maman.
Le jour où
elle n’a plus parlé,
Son doux
regard s’est endormi,
Ses mains se
sont mises à trembler,
Ses gestes se
sont ralentis.
Elle
n’arrivait plus à marcher,
Ses jambes ne
la portaient plus
Et elle ne
savait plus manger.
J’ai compris
qu’elle était perdue.
Parfois elle
me reconnaissait,
L’espace d’un
très court instant,
Aussitôt elle
me caressait,
Mais cela ne
durait qu’un temps.
Elle
attendait bien patiemment,
Sentant venir
le bon moment
Ou elle me
prendrait froidement
Ma Maman .
Le dernier
jour à l’hôpital,
Elle m’a
souri très tendrement,
Juste le
temps d’avoir très mal
Et j’ai perdu
ma chère Maman.
Pourtant elle
respirait encore,
Son doux
visage grimaçait,
Mais autour
d’elle rôdait la mort :
C’est la
maladie qui gagnait.
Et elle
gagnait complètement,
Elle avait
choisi son moment
Pour me voler
totalement
Ma Maman.