La maladie
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La maladie, Madeleine Reynaud, poète, recueil de poésie, poèmes

La maladie

 

Elle est arrivée doucement,

Sans prévenir, sournoisement,

Elle a détruit complètement

Ma Maman.

 

Rien ne pouvait faire penser

Qu’avec ses pertes de mémoire,

Les bêtises qu’elle faisait

La rapprochaient d’un grand trou noir.

 

Elle oubliait beaucoup de choses

Et devenait très étourdie,

Très souvent elle était morose,

Sa raison semblait endormie.

 

Elle s’est installée lentement,

Sans prévenir, sournoisement,

Elle a détruit complètement

Ma Maman.

 

Elle a vite oublié son âge

Et le prénom de ses enfants ;

Dans sa tête,  un remue-ménage

Dérangeait son entendement.

 

Elle est retombée en enfance

Et réclamait ses chers parents,

Sa détresse devenait immense

Et ses propos incohérents.

 

Puis elle a joué à la poupée,

Elle la berçait tout doucement

Et chantait une mélopée

Avec ses gestes de Maman.

 

Elle a progressé patiemment,

Sans le moindre ménagement,

Elle a détruit complètement

Ma Maman.

 

Le jour où elle n’a plus parlé,

Son doux regard s’est endormi,

Ses mains se sont mises à trembler,

Ses gestes se sont ralentis.

 

Elle n’arrivait plus à marcher,

Ses jambes ne la portaient plus

Et elle ne savait plus manger.

J’ai compris qu’elle était perdue.

 

Parfois elle me reconnaissait,

L’espace d’un très court instant,

Aussitôt elle me caressait,

Mais cela ne durait qu’un temps.

 

Elle attendait bien patiemment,

Sentant venir le bon moment

Ou elle me prendrait froidement

Ma Maman .

 

Le dernier jour à l’hôpital,

Elle m’a souri très tendrement,

Juste le temps d’avoir très mal

Et j’ai perdu ma chère Maman.

 

Pourtant elle respirait encore,

Son doux visage grimaçait,

Mais autour d’elle rôdait la mort :

C’est la maladie qui gagnait.

 

Et elle gagnait complètement,

Elle avait choisi son moment

Pour me voler totalement

Ma Maman.


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Dernière modification : 12 juin 2008
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