La fugueuse de minuit
Comme une pénélope fugitive, debout comme un
dernier rempart, pivotante de sagesse, mûrie de grâce elle mouille mes
pages avec le vin de sa trace,
Coulissante comme les alvéoles qui dévêtissent
mes saisons, virevoltante, arrogante, vociférante comme une chanson,
belle, rebelle comme un démon… elle patine sur les pistes du couchant….
Obscure tel une clairière en hébétude… spasme
d'un rêve humain, icône d'un crépuscule éteint ,elle bacille les débris de
mes crayons ,elle saborde mes sanctuaires avec sa fumée couleur de neige
et sa morsure odeur de cèdre
Je la revois encor liquéfiant les adieux de mes
mouchoirs agités, remuant l'embryon de ma fontaine déshydratée.
Elle a le verbe des dieux, des cigognes, des
mutants, des ivrognes,
Fine, radieuse. Pulpeuse elle palpite aux pieds
de la brume quand la brume me ressemble.
Elle grince la langue du silence, tourne avilie
dans la barque de l'harmonie tremblote comme la bannière d'un conquerrant
que je ne suis pas.
J'aime parler d'elle quand elle exacerbe les
autels de mon âme avec le nectar de son architecture frôle et morne mais
si babylonienne, si vénusienne.
Je l'aime sur ordonnance, par pratique, par
exaspération par enchantement par révolte par haine par je ne sais quoi
une horde de sensations ébrouées au plus loin du loin au plus près du
corps égrené par les gammes de la magnificence,.
Animé par l'hystérie du rêve incorruptible qui
communie avec ses allées à lui. Je l'aime cette inlassable rupture de
l'utopie, cette antique potence de mon cri cette allumeuse de mes nuits.
Cette fugueuse de minuit…