La divine tempête
Innocemment je gratte les nappes du crépuscule,
instinctivement je mate la disgrâce des arbres indécents, des monts
blottis aux icônes du lointain, portant le venin du jour je natte les
chignons du vide, je nidifie l’usure des ruisseaux qui chancellent sur les
bas échancrés d’une femme…
Captivement… Sur mon lit d’enfance un crachin
au goût D’errance ôte ma couverture, flotte sur mon ossature, Édente les
bribes de mon corps que j’envahis vainement, que je colonise futilement…
Tandis qu’une vasque de lune lézarde mes fenêtres rugueuses tel un
marabout des éclairs elle tatoue les épaules de ma miser et cicatrise les
chemins
Balafrés des oiseaux en quête de retour, non
loin une étoile plâtrée dans sa traîtrise nudité baille sur l’oreiller de
l’éternité, effleure ma paume du bout de ses mèches et comme un tourbillon
de papillons elle. papillonne comme mes rêves d’enfant, fardée de paysages
voilés elle bouffonne le nectar de mes pleurs, musclée d’images immaculées
elle cloisonne mes poèmes protecteurs…
Puis une aube argentée, délavée, scintille dans
le stérile étendue pointue comme une corne céleste elle décapite le pollen
des astres suspendus aux collines de pénombre qui se procréent dans mon
sang. et se versent jalousement comme des cataractes de clarté qui
chavirent dans ma tête comme une divine tempête…