La chorégraphie de l’abîme
Au chevet d’un quai sans pudeur, un seigneur de
tous les crépuscules cajole la pâleur des phares trempeurs, jalonne
l’écume des nuages avec sa céleste noyade, asperge de son jazz enfantin
les spectres de tous les ailleurs…
Le regard déserteur il macule les gardénias de
l’enfer dans la saignée de l’hiver, le pas voyageur il essaime les germes
du néant qui se procréent dans son sang.
Comme une coupe du destin qu’aucune main ne
lève il virevolte tel un tango de pluie qui dandine sur les hanches de la
nuit, profane les frontières de sa
Peine et s’évade derrière sa destinée
incertaine…
Piétinant un ciel miné de blasphèmes et de
prières il tourbillonne comme les ballets de l’au-delà, chevauchant sur
les épaules des mistrals d’ambre et de miel il rumine le verbe de sa foi…
D’une vague à l’autre il malmène une âme piégée
de baisers volés à la lèvre hivernale, d’une étoile à l’autre il trimballe
une silhouette brodée d’aquarelles peignant des figures divines qui
signent la chorégraphie de l’abîme…