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L’élision

            L’élision est très importante dans la poésie classique car elle favorise l’enchaînement des mots et, par voie de conséquence, une diction coulante. L’élision est le retranchement ou l’annulation de l’e muet à la fin d’un mot immédiatement suivi d’un autre mot qui commence par une voyelle (ou un h non aspiré). L’élision a été créée pour corriger la monotonie que produiraient trop de « e » muets. De plus, il faut savoir que tous les « e » comptent pour un pied et se prononcent tous.

            Prenons un exemple de deux vers :

 

            « Il dévoile son âme avec des mots en fête,

            de l’argent, de la gloire, il ne fait pas la quête. »

            Les « e » sont élidés, le nombre de pieds est exact, c’est bien !

 

            « Il dévoile son âme dans des textes de fête,

            De l’argent, de la gloire, il ne fait pas la quête. »

            Ainsi écrit, on peut relever deux fautes :

 

            1°) Le « e » du mot âme n’est pas élidé et doit donc se prononcer, ce qui est laid à l’oreille et brise le rythme. 2°) Le « e » de gloire se prononçant, le vers contient 13 pieds au lieu de 12. Le fait de l’élider a permis l’équilibre.

 

            Des mots sont traîtres car difficiles à employer, parce qu’il faut toujours élider le « e ». Ce sont ceux comme : joie, rue, jolie, etc. bref lorsque le « e » final est précédé d’une voyelle simple ou composée Racine. a écrit :

            « Sur sa joue, en riant, elle essuie une larme »

 

            La première partie d’un vers porte le nom barbare d’hémistiche, c’est la coupure du milieu donc qui se présente et dans aucun cas l’hémistiche ne peut s’arrêter sur un « e » muet. L’élision est indispensable, aussi choisit-on le plus souvent des mots sans « e » à élider.

 

            La femme-poète est beaucoup plus encombrée d’élisions que « homme-poète » car, qu’elle soit aimée, déçue ou abandonnée, le genre féminin la poursuit. Le bon conseil pour les mots difficiles à élider, voire impossibles, c’est de les mettre à la rime ! Danger donc pour les joies, les avenues, les haies, etc. de même que les verbes au pluriel comme voient ou croient dont le « e » n’est pas élidable. Notez bien de les mettre à la rimes, de même que les années, les données, les trouvées, etc.

            L’imparfait et le conditionnel des verbes au pluriel ne subissent pas cette loi car le son « aient » les sauve. On peut donc écrire, comme la Fontaine :

            « L’ombre et le jour luttaient dans les champs azurés. »

            A savoir que le « e » intérieur des mots n’est pas soumis à l’élision, ne compte pas non plus pour un pied dans, par exemple, gaie-té, dé-voue-ment, paie-ra. Que de choses à apprendre n’est-ce pas ? à retenir surtout !

            L’e muet, dit-on, bien employé, fait le charme du vers français !

 

La Muse appliquée


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Dernière modification : 18 août 2009

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