L’Africain
Dans la moiteur
d’une nuit d’été,
Un
vieux noir en Louisiane rêvait
Assis sur une
chaise, il se balançait.
La
chaleur étouffante faisait transpirer,
Sur lui elle
n’avait aucun effet.
Il
avait trouvé la clé pour remonter
La pendule
cassée des racines oubliées.
Son
voyage mental l’avait fait débarquer
En lisière
d’une savane d’où il contemplait
Un
désert de sable, mirage ou réalité ?
C’était la
terre de ses ancêtres oubliés.
Un
vent, à travers les dunes, soufflait
Transperçant le
vieux corps d’ébène décharné.
C’est ce vent
là qui l’empêchait de suer
En
pleine chaleur d’une nuit d’été
Étouffante et
surchargée d’humidité.
Le
vieux noir perdu dans ses pensées
Était caressé
par le souffle du passé,
De la
mémoire des esclaves déracinés
Que le vieux
noir avait réussi à réveiller.
Avec le
tam tam de son coeur fatigué
Qui vibrait au
rythme des airs oubliés
Venus
d’Afrique pour lui rappeler
Que des racines
n’étaient pas coupées.
Joël Paul