Je
t’entends, penser à notre amour !
Sous les nuages bas, sans fin,
tombe la bruine.
L’eau coule sur le sol maintenant
décapé.
De partout, elle sourd et jaillit
dans la ruine.
Sous le toit, s’est blotti le
moineau rescapé.
Nous regardons mourir le morne
paysage
Qui se fond dans le noir quand
disparaît le jour.
Et, dans le clair obscur,
s’estompe ton visage.
Surgissent du passé nos souvenirs
d’amour.
C’était au mois d’avril quand
revient l’hirondelle.
Sentaient bon les jasmins, la
rose et les muguets.
Les frissons des zéphyrs
agitaient l’asphodèle.
Elans de nos vingt ans qui nous
rendaient si gais !
Comme le sombre ciel, mon cœur
est lourd…Il saigne…
Il me souvient encor de nos
amours d’antan,
Juvéniles ébats que l’ardeur nous
enseigne
Quand le premier émoi s’éveille
au vent d’autan !
Il neige sur nos fronts. La
mémoire s’efface,
S’abîme dans la nuit…S’éteint le
souvenir…
Dans un regard humide une larme
qui fasse
Oublier les regrets. Rien ne peut
revenir !
N’être plus qu’un, muets, car
notre esprit se vide.
C’est le froid de l’hiver qui
s’installe au foyer.
Tic-tac, s’enfuit le temps que
l’horloge dévide.
La fleur ainsi se fane…A quoi bon
larmoyer ?
Pleins de songes nos yeux fixent
la même image.
Dans la langueur du soir, quand
va mourir le jour,
Les rêves sont tendresse et
silence à notre âge.
Ne dis rien… Je t’entends penser
à notre amour…