Je me tiens
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Je me tiens , Poème de Jean Dif, extraits de recueils de poésie

Je me tiens

I  
Fine poussière tombée de l'aile  
d'un oiseau je laisserai chanter  
ma voix Le chalumeau du peuplier  
frémit doucement Sa longue flamme  
verte s'étonne La lumière qui miroite  
répond à ses frissons

Prince d'un lointain exil mon château  
refuge des corneilles à l'écart  
des contrées habitées au seuil  
des ailleurs qui sont la patrie des dormeurs  
je me tiens dans la nasse et dans la sonde  
Dans l'embrasure du ciel je me tiens

II  
Je me tiens sur le seuil et sur la grève  
au bord de cette mer où mon cœur trempe  
Je me tiens sur la margelle et la lisière  
dans la première coupe et dans le regain  
Dans l'étonnement de la cage et la plume  
du faisan Dans la roue du paon ocellée  
d'yeux aveugles je me tiens Je suis l'ocelle  
Je suis la défaillance qui révèle et l'impatience  
qui délite Moi le guetteur je suis message dans le vent  
ou bien feuille livrée à la tourmente

J'anime le vent J'anime les sources enterrées  
J'anime les paroles Ma complice la buée  
confond la transparence de la vitre  
sur les franges du temps je me tiens

Prince des ténèbres et de la cécité  
au sommet de la flamme je me tiens  
Dans la tension de l'arc je me tiens

III  
Dans la tension de l'arc et de l'offrande  
dans l'attente et dans l'agonie  
soeur de l'attente je me tiens  
et dans la pierre sécrétée par l'organe  
foie ou rein Dans la pierre de la douleur  
je me tiens

Le chiendent frileux de mes nerfs  
frissonne à l'approche des peupliers  
et toutes les feuilles de mon sang s'émeuvent  
lorsque le cri d'un oiseau perdu  
perce la nuit des profondeurs  
Lance à l'arrêt je me tiens A l'affût  
je me tiens Je voudrais être celui  
qui inaugure
 

IV  
Fine poussière tombée de l'aile  
d'un oiseau je laisserai chanter  
ma voix Le chalumeau du peuplier  
frémit doucement Sa longue flamme  
verte s'étonne La lumière qui miroite  
répond à ses frissons

La paix règne sur mes mains  
sur mes mains et dans mon coeur  
O migrateurs frères du vent  
je serai le confident  
de la rose et du hibou  
comptez-moi parmi vos adeptes
 

 


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Dernière modification : 03 décembre 2008

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