
Ivresses
Ô toi ma nuit d'été
Dans mon hiver si long
Ô mon port tranquille
Où je m'amarre enfin
Après mes pérégrinations.
Ô vous belles moissons
Nées de terres infertiles
Je vous ai attendues, rêvées
Depuis mon exil
Vers un pays lointain.
Quand la pluie de l'hiver
Nourrissait mon chagrin
Quand la bise cruelle
Dispersait la lumière
Je souhaitais mourir enfin
Ne plus sourire
Ne plus aimer le goût du miel.
J'ignorais du ciel clair
Les aurores de printemps
Et il y avait du sang
Perlant à la paupière
De mon désir absent.
Ô toi ma flamme vive
Sur mes cendres mouillées
Mon feu de joie
Ma nuit d'ivresse
Je te garde avec moi
Pour des siècles encore
Je cède au diable ma détresse
Pour boire et m'enivrer de toi
Et de tes tendres promesses
Pour un voluptueux corps à corps.