Le vide de l’existence n’est habillé que d’instants.
Instants dérobés à la morosité du temps qui s’écoule... qui s’écroule.
Vingt ans... L’âge où tout est possible. Où tout est impossible.
Même la mort qui refuse l’offre qu’Elle lui a faite de la prendre.
Instant damné.
Une petite fille offre une fleur à la ressuscitée.
Instant donné.
Continuer d’errer sur les chemins tracés.
Un quatorze juillet, un soir de feu d’artifice, un étranger lui donne une
rose.
Elle ne sait pas qui il est. Le temps de respirer la fleur, les yeux clos.
Elle les rouvre.
Il s’est fondu dans la foule.
Instant mort-né.
Un après-midi au cinéma. Le film est terminé. La lumière s’est rallumée dans
la salle.
Un inconnu l’aide à enfiler son manteau. Elle se retourne pour le remercier.
Il a disparu.
Instant perdu.
La nuit. L’insomnie puis le sommeil, habité par l’ami de sa meilleure
copine.
Ils se prennent la main. Communion parfaite. Minute intense de bonheur tuée
par l’aube.
Instant rêvé.
La mort arrive à pas feutrés...
Dernier instant.
Instant d’éternité.