Hivernale
Cette pluie qui claque au carreau
Blessante comme des hallebardes
M'entraîne dans un terrible ennui
J’ai le spleen et le regard las d'une
vieillarde.
C'est novembre qui frappe aux esprits
La camarde glacée avec sa faux
Le ciel est si gris qu'il est prêt à se
pendre
J'ai le spleen et j'ai froid jusque sous la
peau.
C'est novembre et sa cohorte de peines
Messagères d'angoisses et d'obsédants
tourments
J'ai fais mon deuil de la lumière
J'ai le spleen et le regard vide d'un
dément.
Cette pluie qui claque au carreau
Vient m'éloigner de mon asile
Je ferme les yeux et je m'exile
Vers des paysages plus chauds.
C'est novembre qui frappe à la porte
Et me pique de son aiguillon
La bise rugissante emporte
Ce qu'il me restait de raison
J’ai le spleen et j’ai mal jusque dans mes
mots.