Étreintes
Les plats et mon assiette préparés sur la
table, riz et crudités dans leur bol, le plateau et le pain, tes yeux
quand je te quitte, moi pleine de ta patience et ta joie,
Quand tu rentres, ton pas dans le couloir,
sans bouger, je l’entends, merci pour les journées que le futur embrasse,
me fait renaître et vivre,
Moi, des ombres où je guette le feu, je
vois tes yeux, si beaux dans leur tomber, ta bouche, je devine ce ciel, ta
voûte d’origine, tremble la vague à peine,
Les joues, les seins, le ventre, un tableau
que je voudrais peindre en jouant avec les fleurs, un vol de papillon sur
ta peau, étendre la fourrure d’une herbe méditerranéenne,
T’envelopper de cistes, t’offrir l’olivier,
te coucher au sein des narcisses du printemps, forcer le haut plateau où
poussaient des garigues sèches à revenir vers toi.
Te redonner l’enfantine allégresse sous les
palmes d’un pin, dessin sur le bleu révélé où rien ne t’échappait de ce
qui chante vrai.
Que ma main revienne, naturelle et n’ait
d’autre passé que tes flancs, ton dos, tes membres, ronde au bord des
falaises, avec le rayon du soleil sur ta course.