Etranger, mon ami,
ce soir,
je t’attendrai sur la grande place
de ma ville,
cette ville que tu appréhendes
comme une dangereuse inconnue.
D’où que tu viennes
tu me reconnaîtras,
je serai vêtu de ta pauvreté,
j’aurai ton angoisse dans les yeux,
je partagerai ton inquiétude,
ta peur du lendemain,
ta terrifiante solitude.
Tu t’assiéras à ma table
où brûle, sans se consumer,
le cierge de l’amitié.
Tu me parleras de toi,
de ton pays,
de tes champs à l’abandon,
nous prierons ton Dieu,
ton Dieu, mon Dieu, l’Unique
et nous vivrons dans Sa lumière
de peur que les ténèbres ne tombent*
sur nos routes périlleuses.
*Jean 12-35. 36