ESPOIR DANS L’ATTENTE
Tout
proche de la poésie,
je ne puis entrer dans son corps,
et
tanguer sur une élégie !
L’apercevant quand je m’endors,
au réveil
les yeux de mon âme
las ! se renferment aussitôt... 1)
Vient,
s’écrit un hymne à la Femme,
au féerique, puis au chapiteau
noir qui
nous interdit les astres ? 2)
Mon crayon n’a pas de couleur...
Sont-ils
donc si hauts, les pilastres
séparant Hélicon du coeur ?
Je sais
bien que plus difficile
est le but à saisir, plus grand
sera
l’honneur; mais si mon île
de songe avait fui dans le vent ? 3)
Ah ! très
sombre est-il le voyage
dans la solitude, pour moi !
Pourrais-je un jour saisir l’image
qu’Apollon - qui sait ? - m’enverra ?
En vieux
rêveur, j’ai l’habitude
des échecs, des illusions.
Chez
Erato puisse l’étude
compenser ces déceptions ! 4)
1) L’inspiration onirique disparaît;
2) le ciel sombre de la tristesse;
3) les illusions; aussi la Muse;
4) la lecture et l’étude des grands
poètes.