« Seul un sac suffit » siffle un
S.S.
Et la maléfique milice m’emmène
A la gare que la gestapo gangrène.
Avilie, vaincue, le visage livide,
Je vacille devant le wagon vide.
Bestial, où bientôt ballottée,
Je traverse, transie, d’étrangères contrées.
Sinistre, le train roule et traîne, sans trêve,
Aux rails rivé quand l’arrivée ravit mes rêves.
Fuir cet enfer où la folie m’effleure,
Les képis noirs et les kapos sans cœur.
Je cours sur le quai, prie qu’un coup claque,
Que sans un cri, je quitte ce cloaque,
Noyée de soleil, sous un châle soyeux,
Qu’ainsi, choyée, je sillonne les cieux,
Eternellement libre.