D’une femme l’autre
Elle partit alors rechercher sa maison, sa chambre,
son lit, ses meubles, même si, dans son corps était installé quelqu’un
d’autre.
De qui s’agissait-il : femme, enfant, homme, et de
quelle origine ?
Rien ne lui répondit de ce « Qui » empruntait sa
chair, son cerveau, sa peau, de ce « Qui » portait ses habits, se servait
de ses ustensiles, de ce « Qui » connaissait ses habitudes et vivait ses
douleurs.
De ce « Qui » avait pris le dedans, le dehors au
point qu’elle arrêta de poser ces questions.
Cela demeura muet jour après jour ; le trait de cette
bouche étroite, privée de mots et des cris habituels du monde, derrière
laquelle elle percevait un infime appel des sens, sa robe en nylon bleu
prit feu un soir comme elle attisait la flamme.