Combien faut-il de neiges en gésine
de navires pétrifiés au fond des ravines
combien de puits vertigineux forés en
vain
d'ascensions naïves achevées dans la
tourbe
de blessures enfouies de sillons
souterrains
d'escarres causées par des caresses
combien de cris muets dans les yeux des
enfants
d'eaux recluses dans le silence des
écluses
de coups qui déchirent les entrailles
pour qu'un matin sans en avoir l'air
l'oseraie libérée ose enfin une rose