Ballade
Quand nous avions dix ans
nous voulions surprendre le coucou
s’arracher à son carcan
pour claironner la fugue de l’instant.
A dix ans,
nous n’avions que des rêves
dans la main,
des rêves
qui tournoyaient dans les airs
comme les bulles de savon
que nous soufflions à pleins poumons.
Quelques jours plus tard
nous avons eu deux fois dix ans
et puis quatre et puis six fois
et sommes restés pantelants
avec de beaux rêves entre les doigts
aussi beaux que nos bulles irisées
éclatées dans le vent.
Fringant, le coucou
scande toujours le temps
comme lorsque nous avions dix ans…
et l’eau fraîche sautille
dans le bois odoriférant.