Après que les ténèbres profondes
comme un puits
Aient habité ma vie, jusqu'à ce que
je me perde
Ton aura rayonnante de rouge
de jaune, de
vert
M'a saisie, m'entourant de ses langues
de braise
Et je t'ai vu soudain, le visage
souriant
Avançant vers moi pour boire à
ma source
Tes longs cheveux si doux
et ta barbe
d'ébène
Tissaient autour de moi un cocon
Protecteur
Et moi, serrée contre ton coeur
J'enterrais mes peines, mes émois
et mes deuils
La mort, sans son linceul s'éloignait
à grands pas
Je buvais le miellat épais de ta
semence
Nous étions ivres de substances, et le
vin
et nos rires
Et nos bouches mêlées, et nos larmes
en vain
Nous étions fous, nous étions rois, nous
étions
seuls
Extasiés par cette existence claire
Comme une aurore boréale.