Au jour de sa
naissance
Ce jour-là,
j’étais fascinée par le charme
d’un nénuphar blanc
pendant qu’un rayon de soleil
glissait un dard vermeil
entre les scintillements
des gouttes de pluie.
Abîmée dans mes réflexions,
je prenais mon antidote quotidien
contre l’inflation du moi,
pour découvrir, enfin,
que je n’étais pas seule au monde
et que je n’avais aucune
influence
sur la révolution sidérale de la
lune.
Ce jour-là,
mon coeur s’ouvrait
à la venue d’un tout petit garçon
appelé à partager la vie,
que je vivais déjà,
avec des milliers d’autres.
Ce jour-là,
sa bonne étoile
attribuait un potentiel
exceptionnel
à ce petit d’homme
à qui serait destiné,
à côté de dons scientifiques,
le titre de bienfaiteur de
l’humanité,
supérieur à tout titre de
noblesse.
Et comme Anna, la mère de Samuel
(1 Sam. 1–11)
suppliait: „Jahvé, donne-moi un
petit d’homme“
et l’obtenait,
Maria, la mère de Chris,
tenait son petit d’homme dans ses
bras,
l’après-midi de ce jour-là.